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Les prochaines votations fédérales du 7 mars sont caricaturales. Les citoyens suisses se prononceront sur deux modifications de la Constitution, la première concernant la recherche médicale sur l’être humain, l’autre instaurant des avocats pour les animaux.

On l’a souvent fait remarquer : dans notre pays, il arrive que des bêtes soient mieux loties que certains êtres humains défavorisés. L’ours de Berne fut plus médiatisé que sa victime handicapée ; certains animaux de compagnie mangent mieux que bien des gens peinant à nouer les deux bouts.

L’article constitutionnel sur la recherche concernant l’humain est bon, dans la mesure où il établit clairement la primauté de la dignité humaine sur la liberté de recherche, qui doit lui être subordonnée. Malgré quelques détails, on peut se réjouir de cette ligne philosophique claire et humaniste.

De l’autre côté, une initiative demande que des animaux soient flanqués d’avocats, comme s’ils jouissaient de droits ; on argue du fait que, dotés de sensation, ils ont des intérêts méritant d’être défendus contre les maltraitances. Cet objet, espérons-le, sera rejeté par le peuple suisse, car il porte sur une confusion qui consiste à croire que ce qui différencie les êtres vivants, ce serait leur capacité de souffrir. Nul, bien sûr, ne songe à justifier la souffrance ; mais en faire la marque distinctive des vivants conduit à considérer comme plus grave une recherche expérimentale sur une souris, au motif qu’elle est dotée d’un système nerveux central, que sur un embryon humain de sept jours qui en est dépourvu et ne ressent aucune douleur.

Pareille vision du monde pathocentrique renverse de fond en comble l’ordre des valeurs, puisqu’elle conduit à humaniser les bêtes et à animaliser l’humain. Seule une vision humaniste est à même de fonder un ordre social plus juste, car il respecte l’humain pour ce qu’il est : une personne. Que celle-ci souffre ou non ne change rien à l’affaire.

Gageons que les citoyens sauront faire la différence, en soutenant la dignité humaine et en rejetant l’initiative délétère visant à engraisser des avocats pour chiens. Conscient des responsabilités auxquelles l’engage sa dignité, l’être humain ne connaît-il pas suffisamment son devoir envers les animaux ? En réalité, les lois actuelles s’avèrent amplement suffisantes. L’urgence n’est donc pas aux bêtes, mais à la protection des plus faibles parmi les hommes.

© Nouvelliste 14.2.10

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