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Pour reprendre un mot de Dom Leclercq en 1961, « la contemplation ne peut résulter de l’étude »[i]. Une recherche historique sur la contemplation au XIIIe siècle n’est donc pas un acte contemplatif, ne saurait être un acte contemplatif. Néanmoins l’entreprise vaut d’être tentée, d’autant que les théologiens eux-mêmes en ont parlé. En voici deux. L’un que l’on attendait : Thomas d’Aquin. L’autre qu’on attendait moins : le franciscain Pierre de Jean Olivi.

L’étonnement augmente si l’on songe que le seul portrait qui nous reste de Pierre Olivi, sur les fresques de l’église Saint Francçois de Montefalco, le représente en train d’enseigner. Pourquoi un franciscain, apparemment réfractaire à l’étude, est-il représenté comme enseignant ?

Lire la suite : Thomas d’Aquin – Pierre Olivi: figures enseignantes de la vie contemplative

Le choix des thèmes mineurs ici retenus est parfaitement arbitraire. Même un peu anarchique, puisque certains n’ont d’intérêt que de simple curiosité, quand d’autres portent en revanche le poids d’une profonde expérience, labourant l’âme et la pensée. On aurait tout aussi bien pu parler des aliments, des signes du zodiaque ou de la vantardise, et encore des mages, des duels ou de l’ennui. Le point commun de ces six petites tranches de vie, c’est qu’elles n’ont guère eu le bonheur d’attirer l’attention des spécialistes, quand bien même s’y révèle la plus authentique pensée de Thomas d’Aquin.

Seulement, je m’y suis appliqué à lire les textes en les situant à leur lieu de naissance, le Moyen Age, tout en leur donnant un mouvement d’oscillation que se permet un lecteur lointain du XXIe siècle. Cette méthode d’aller-retour entre deux époques n’a pas la prétention de la dernière scientificité : elle s’emploie seulement à rester proche des textes, et à leur surimposer un rythme nouveau. C’est une manière de donner de l’allant à ces quelques miettes de philosophie thomiste, dont certaines ne manquent ni de beauté ni de justesse.

Lire la suite : Petites miettes de philosophie

1. INTRODUCTION

  • « Tu nous a faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. »[1]
  • « Tous les hommes désirent par nature savoir. »[2]

Ces deux célèbres affirmations ouvrent deux œuvres de premier plan : les Confessions de Saint Augustin et la Métaphysique d’Aristote. Il n’est pas fortuit que toutes deux soient restituées dans les encycliques récentes.

La citation d’Aristote est insérée par Fides et ratio au début du chapitre III, dans le but de montrer que le chemin de connaissance que l’homme peut parcourir « part de la capacité de la raison de s’élever au-dessus de ce qui est contingent pour s’élancer vers l’infini ».[3] Si la musique et l’art ont pu devenir des canaux par lesquels l’homme exprime les aspirations de sa recherche,

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