• An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow

 

 

 

 

 

 

 

 

1. INTRODUCTION

Au XIIIe siècle, la plupart des auteurs qui traitent de la question des idées en Dieu font[1] référence[2] à la 46e question De ideis de saint Augustin, avec ce regret toutefois que la doctrine augustinienne, trop peu explicite, se prêtait aux interprétations les plus diverses. Le franciscain Pierre de Jean Olivi (1248-1298) y consacre un long texte inédit contenu dans les mss. Borgh. 322 et 358 : la Summa quaestionum super Sententias, livre I, q. 6. C’est ce texte inédit[3] que je me propose de mettre en perspective, en le surprenant au cœur d’un débat difficile qui engage de multiples auteurs et nous entraînera dans l’histoire d’une censure. La méthode historico-critique nous impose donc un incessant va-et-vient entre trois pôles : l’histoire, le débat polémique et la question doctrinale.

Lire la suite : Les idées divines dans la censure : le cas Olivi (1248-1298)

1. Introduction : De Tempier à Ockham (1277 - 1326)

Il faut commencer par un petit détour dans le XIVe siècle. Le 12 mai 1325, le roi Édouard II écrit à Jean Lutterell à Avignon, lui enjoignant de rentrer au plus vite en Angleterre. Mais les événements ne se déroulent pas comme prévu : Jean XXII, qui a encore besoin du chancelier d’Oxford à Avignon, répond lui-même au roi d’Angleterre, le priant d’excuser le séjour prolongé de Lutterell à la curie : il doit y rester encore à cause de « la poursuite, devant le pape, de sa cause à lui contre une doctrine pestilentielle »[1].

Lire la suite : Entre grâce et liberté : Pierre de Jean Olivi

1. L’enjeu du débat sur la liberté à la fin du XIIIe siècle

Pourquoi les controverses sur la liberté à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle ont-elles suscité tant de passion ? Le débat paraît en effet anodin; personne ne doutant du fait de la liberté, les discussions portaient seulement sur la manière d’entendre la production d’un acte libre[1] : « La volonté humaine est-elle une faculté active ou une faculté passive ? » La question était apparemment inoffensive. Or l’engagement des auteurs dans ce débat est trop opiniâtre pour s’expliquer par une simple divergence d’opinion.

Lire la suite : Thomas de Sutton, ou la liberté controversée

Chacun connaît la parabole où l’évangéliste Luc évoque l’histoire du mauvais riche et de ce pauvre Lazare qui aurait voulu se rassasier des miettes tombant de la table du riche. Après que l’un et l’autre moururent, raconte S. Luc, il se passa ceci : « Dans l’Hadès, en proie à des tortures, [le riche] lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein. Alors il s’écria : ‘Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme’ »[i].

Lire la suite : L'âme et le feu: notes franciscaines sur le feu de l'enfer après 1277

1. Introduction

« Il n’y a pas de statut (de vie) plus excellent que celui de s’adonner à la philosophie. »

On ne sait pas exactement qui a prononcé cette phrase. Dans sa teneur littérale, elle est tirée de la plus célèbre censure qu’ait connue le Moyen Âge, lorsque le 7 mars 1277 l’évêque de Paris Etienne Tempier condamne 219 thèses dont il dresse la liste.

Lire la suite : L’idéal d’une vie heureuse. Liberté et censure à l’Université de Paris au XIIIe siècle