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Les théoriciens de la démocratie ont compris que les mécanismes assurant la souveraineté du peuple reposent sur un cadre pré-démocratique. La liberté d’opinion, magnifique conquête des siècles modernes, n’a pu s’établir que sur un préalable : celui des droits naturels, inaliénables et absolus de l’être humain. Qu’on les appelle « droits de l’homme » ou qu’on les reçoivent « au nom du Dieu tout-puissant » de nos constitutions suisse et valaisanne, peu importe ici. Ce qui compte c’est que les mécanismes assurant nos libertés reposent sur des principes moraux antérieurs.

Mais, depuis une trentaine d’années, on imagine à tort que ces principes fondateurs sont eux-mêmes le produit du simple consensus. Qui ne voit le cercle ? Si les principes sont prétendument fondés sur ce qu’ils sont censés fonder, c’est le serpent que se mange la queue, au risque de fragiliser nos sociétés libres.

Or cette fragilisation du sens démocratique éclate dans trois champs majeurs qui ont enflammé les esprits lors de votations récentes.

Premièrement la bioéthique : le début de la vie (avortement 2002, cellules-souches 2004) et la fin de vie (en cours au niveau du Conseil fédéral) sont considérés par certains comme soumis à l’arbitraire appréciation de chacun : production en laboratoire d’êtres nouveaux ; revendication de maîtrise du moment et de la manière de mourir, voilà l’ultime avatar du projet cartésien de rendre l’homme « comme maître et possesseur de la nature ».

Deuxièmement la famille : on imagine que les normes qui président à la constitution du couple sont déterminées par les contractants eux-mêmes, en fonction de leur bon vouloir ou de leurs préférences sexuelles (partenariat 2005).

Troisièmement les religions : le lien entre le civil et le religieux risque d’être conçu à la sauce des intégristes de la laïcité (minarets 2009), alors qu’il nous faudra de plus en plus vivre avec la religion. Reste à clarifier les références rationnelles et humanistes permettant d’articuler société civile et pluralité des croyances

L’urgence, dans chacun des domaines qui mettent en jeu le fondement même de notre société, consiste à reconnaître la force de la raison humaine : au-delà des émotions et des opinions changeantes, seuls les principes vrais, antérieurs au processus démocratique, sont à même de préserver une société libre. Apprendre à les honorer constitue le plus urgent défi de l’actuelle démocratie.

© Nouvelliste 16.11.10

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