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Lisez le document « de fond » que l’UDC consacre aux Hautes écoles pédagogiques (HEP), et votre opinion confinera à l’évidence.

Le parti soulève un problème majeur, occulté par les autres, et propose une solution accidentellement exacte, qu’il fonde sur des motivations simplistes et idéologiques.

Le constat ? On fera les théories qu’on veut : si les enseignants ne sont pas de véritables maîtres d’école, celle-ci va continuer à se déglinguer. L’UDC a le mérite d’une solution radicale : fermer les HEP. Pourquoi ? Parce que la formation y est si théorique que les futurs enseignants, déphasés, méritent mieux que cette purée pédagogique qui les détourne de leur métier véritable. Le verdict est authentifié par une remarque acérée : « Les critiques les plus dures contre cette formation inapte dans la pratique émanent d’enseignants qui ont suivi la formation des HEP. » C’est simplement vrai.

La solution ? Fermer les centres de pédagogies et les remplacer – du moins pour l’école primaire – par un authentique apprentissage. Toute personne désireuse de s’y lancer se présentera à un examen d’entrée, de culture générale, assorti d’un entretien. Elle sera ensuite formée par la pratique, tel un apprenti flanqué d’un maître de formation aguerri. On a envie de dire : enfin les pieds sur terre.

Ces deux années, ponctuées de sévères contrôles sélectifs axés sur la pratique, permettront d’écarter ceux qui ne sont pas faits pour ça et d’encourager les autres. Quelques cours théoriques complémentaires pour étayer la pratique, mais surtout une idée audacieuse : tout un chacun pourrait se présenter à l’examen d’entrée, et on cesserait d’exiger une maturité (qui baisse de niveau à vue d’œil), car une solide culture générale est plus appropriée.

Cette idée d’axer sur la pratique est tout simplement juste.

Le problème ? Ce qui est en point de mire, c’est plus la destruction du système de Bologne (trop européen) que la formation finale des élèves : le mot « formation » d’ailleurs n’apparaît guère. Au lieu d’une école solide et humaniste, l’UDC dessine une structure rigide et fliquée.

L’objectif avoué consiste en effet à « exiger des performances » de la part des enfants, à développer « une fonction de conduite » chez les maîtres d’école, à « viser la réussite ». On veut certes « transmettre des connaissances », mais cela ressemble à les balancer à la tête des élèves, en faisant le clown enthousiaste encadré par des règles rigides.

L’école militaire, quoi ! Rien, absolument rien sur l’essentiel : on n’y évoque même pas le développement de l’intelligence, l’importance du jugement vrai et nuancé, rien sur les intuitions belles et structurantes.

Si c’est cela un document « de fond » de l’UDC, alors on ne risque pas grand-chose ! Simplement que, une nouvelle fois, les vraies questions y sont soulevées, mais avec une telle indigence doctrinale que ce n’est pas si grave.

© Nouvelliste 16.4.12

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